Le président salvadorien Nayib Bukele s’est adressé directement au peuple haïtien, jeudi 29 octobre 2026, dans un message publié sur X et entièrement rédigé en créole haïtien. Il y affirme que le déploiement de ses militaires sur le territoire haïtien est presque achevé et qu’il ne s’agit ni d’une opération contre la population ni d’une invasion d’Haïti.
« Ede nou ede Ayiti »
« Nous ne sommes pas une grande puissance. Nous n’avons aucun intérêt à dominer le peuple haïtien ni à nous emparer des richesses d’Haïti », écrit le président salvadorien, qui se présente comme le dirigeant d’un modeste pays en développement. Il affirme que la seule chose que son pays souhaite, c’est le retour de ses quatre techniciens d’aviation, disparus le 18 octobre à Santo, à Croix-des-Bouquets, après une embuscade contre leur véhicule.
Bukele assure que le Salvador finance lui-même environ 90 % de l’opération et promet le retrait de ses troupes une fois la mission achevée. Il lance un appel à la confiance et à la prière, en citant le verset 2 Chroniques 7:14, et conclut par la formule « Ede nou ede Ayiti » — aidez-nous à aider Haïti — en espérant que les générations futures se souviendront des Salvadoriens comme des amis. Il avertit dans le même temps qu’il donnera « une leçon » aux gangs, précisant que ses soldats ne sont pas venus pour l’argent, mais pour combattre « les méchants ».
Un déploiement qui suscite des questions
Ce message intervient alors que plus de 2 000 militaires salvadoriens ont été envoyés en Haïti, dans le cadre d’une opération qui se déroule en partie en marge de la Force de répression des gangs (FRG) soutenue par l’ONU. Les Nations unies ont d’ailleurs précisé que la grande majorité de ces militaires ne relève pas du mandat de la FRG et échappe donc à son dispositif de supervision.
Le ton direct du message, adressé au peuple haïtien plutôt qu’aux seules autorités, a été largement relayé. Il illustre la volonté de Bukele de justifier son intervention auprès de l’opinion haïtienne, alors que la présence de troupes étrangères sur le sol haïtien alimente le débat sur la souveraineté du pays.
Sources : Le Nouvelliste ; Rezo Nodwes

