Le chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH), Carlos Ruiz Massieu, a mis en garde lundi 19 octobre 2026, devant le Conseil de sécurité à New York, contre l’annonce de dates électorales « irréalistes » qui risquent de saper la confiance dans les institutions. Le représentant spécial de la Force de répression des gangs (FRG), Jack Christofides, a de son côté dressé l’état des effectifs déployés et alerté sur le manque criant de moyens logistiques.
Des dates électorales « irréalistes » qui sapent la confiance
Selon Carlos Ruiz Massieu, l’annonce répétée de dates de scrutin sans évaluation préalable de leur faisabilité affaiblit la confiance de la population envers les institutions haïtiennes. Toute modification du calendrier électoral, a-t-il insisté lors de la 10246e réunion du Conseil, doit reposer sur une appréciation réaliste des conditions logistiques et sécuritaires du pays.
Le diplomate onusien a toutefois salué un niveau d’avancement inédit depuis plus de dix ans : à la suite du décret électoral révisé du 6 octobre, plus de 3 500 candidats et plus de 35 partis et regroupements politiques ont rejoint le processus. Il a également qualifié d’encourageantes les mesures adoptées le 5 octobre pour garantir l’équité de la compétition électorale et l’impartialité des autorités publiques.
Plus de 1 000 morts en trois mois
Sur le plan sécuritaire, le tableau reste sombre : entre juillet et septembre 2026, le BINUH a recensé plus de 1 000 personnes tuées et plus d’une centaine de victimes d’enlèvement, tandis que les violences sexuelles demeurent généralisées. La recrudescence de l’insécurité a provoqué le déplacement de plus de 17 000 personnes supplémentaires en trois mois, portant le total des déplacés à près de 1,5 million, dont plus de 740 000 enfants.
Carlos Ruiz Massieu a aussi exprimé sa profonde inquiétude après l’attaque survenue dimanche à Santo contre des militaires salvadoriens de la FRG, sans confirmer les informations faisant état de décès. Sur le plan économique, l’ONU projette pour 2026 une septième année consécutive de contraction, et moins de la moitié du plan de réponse humanitaire est financé.
La FRG manque de moyens
Jack Christofides a indiqué que les effectifs internationaux de la FRG, issus de six pays, ont dépassé les 2 000 hommes, et que les affrontements avec les gangs sont passés de 2 à 15 en un mois. Mais les opérations sont entravées par une grave pénurie de moyens : transport, communications, véhicules, renseignement et surveillance font défaut.
Il a également déploré que 18 des 26 suspects récemment interpellés aient été remis en liberté en raison de dysfonctionnements du système judiciaire local. Daniela Kroslak, cheffe du Bureau d’appui de l’ONU en Haïti, a précisé que les effectifs ont doublé depuis juillet grâce à l’arrivée d’unités du Bangladesh, du Tchad, du Guatemala et du Sri Lanka.
Sources
- HaitiLibre : https://www.haitilibre.com/article-48704-haiti-politique-le-binuh-et-la-frg-font-rapport-de-la-situation-en-haiti-au-conseil-de-securite.html
- Rezo Nodwes : https://rezonodwes.com/2026/10/haiti-plus-de-1-000-morts-en-trois-mois-le-binuh-salue-les-initiatives-dun-gouvernement-impuissant-face-aux-gangs/

