Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a annoncé mardi 3 novembre 2026, lors d’un point de presse tenu à la Villa d’Accueil, une nouvelle offensive contre les groupes armés. Le chef du gouvernement affirme que les forces internationales en Haïti dépassent désormais 4 000 soldats et que les gangs « ne pourront plus dormir ».
« Les gangs ne pourront plus dormir »
« Nous sommes entrés dans une étape décisive. Nous avons atteint 4 000 soldats des forces internationales en Haïti. Avec ce renfort, les gangs ne pourront plus dormir », a déclaré le Premier ministre, qui a également averti les groupes armés que « leur temps s’écoule ». Il a remercié le président salvadorien Nayib Bukele pour son engagement aux côtés d’Haïti dans la lutte contre les gangs armés.
Selon le chef du gouvernement, ce chiffre combine les plus de 2 000 militaires envoyés par le Salvador et les contingents de plusieurs pays qui participent à la Force de répression des gangs (FRG), créée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Le Tchad, le Sri Lanka, le Guatemala, la Mongolie, la Jamaïque, le Salvador et le Bangladesh participent notamment à cette mobilisation, dont le mandat est prolongé jusqu’en mars 2027.
Le Premier ministre a tenu à préciser que l’État haïtien « demeure responsable de la direction politique et stratégique des opérations ». La Police nationale d’Haïti, les Forces armées d’Haïti et la Force de répression des gangs travaillent dans une logique de coordination, chacune dans le respect de sa mission et de ses attributions. Des opérations sont déjà engagées à Kenscoff et à Gressier, et le gouvernement annonce leur extension dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Centre.
Sur le terrain : Croix-des-Bouquets et Arcahaie
Sur le terrain, les opérations se poursuivent à Croix-des-Bouquets et dans plusieurs secteurs de la plaine du Cul-de-Sac. Des soldats tchadiens de la Force de répression des gangs, attaqués par des groupes armés, ont été secourus grâce à l’intervention d’hélicoptères salvadoriens, a confirmé le président Nayib Bukele. Les forces engagées multiplient les interventions pour reprendre le contrôle de zones stratégiques sous l’influence des gangs.
Ces opérations s’inscrivent dans la continuité de la traque engagée après la disparition, le 18 octobre, de quatre techniciens militaires salvadoriens dans la commune de Croix-des-Bouquets. Parallèlement, la commune d’Arcahaie a été frappée par trois jours d’attaques de bandits armés, entre le samedi 31 octobre et le lundi 2 novembre 2026. Seize personnes, dont des membres de brigades d’autodéfense, ont été tuées, selon le bilan communiqué par le maire de la commune, Wilner René, en début de soirée du mardi 3 novembre.
La FJKL demande de rompre avec les « mercenaires »
La stratégie sécuritaire du gouvernement se trouve de nouveau contestée. Dans un rapport daté du 4 novembre 2026, la Fondasyon Je Klere (FJKL), organisation de défense des droits humains, demande au gouvernement de mettre fin au recours à une firme privée étrangère de sécurité, qu’elle qualifie de « mercenaires », et de consacrer les ressources à la formation de militaires haïtiens.
Selon la fondation, près de vingt mois de relations contractuelles n’ont produit « aucun résultat concret ». Elle indique que l’État haïtien se serait engagé à hauteur de 52 millions de dollars pour un an dans un accord de sécurité associé à la société Windward Wyoming LLC, tout en précisant ne pas avoir obtenu la version signée du contrat.
La FJKL recommande de réaffecter les ressources consacrées aux prestataires étrangers à un programme de formation intensive de jeunes soldats haïtiens, avec la participation de militaires salvadoriens. Elle appelle parallèlement les Nations unies à aider Haïti et le Salvador à définir un cadre juridique de coopération militaire et sécuritaire, précisant le statut des troupes, la durée de leur présence et le respect des droits humains.
Sources : Le Nouvelliste, Le Nouvelliste, Le Nouvelliste, Rezo Nodwes

