Politique

ONU : le BINUH et la FRG font le point sur la crise haïtienne

📅 21 octobre 2026 ✍️ Wenchel Jean Baptiste 🕒 Il y a 8 heures

Lundi 19 octobre 2026, lors de la 10 246e séance du Conseil de sécurité des Nations unies à New York, le chef du BINUH, Carlos Ruiz Massieu, et le représentant de la Force de répression des gangs (FRG), Jack Christofides, ont dressé un état des lieux sans concession de la crise haïtienne : un processus électoral fragilisé par des calendriers irréalistes et une force internationale déployée mais à court de moyens.

Des dates électorales qui fragilisent la confiance

Carlos Ruiz Massieu a mis en garde contre l’annonce répétée de dates électorales sans évaluation préalable de leur réalisme : une telle pratique, a-t-il averti, risque de saper la confiance envers les institutions de l’État, dans un contexte d’escalade de la violence des gangs.

Le représentant spécial de l’ONU a toutefois souligné un progrès inédit depuis plus d’une décennie : à la suite du décret du 6 octobre, plus de 3 500 candidats et plus de 35 groupes politiques ont rejoint le processus électoral. Toute modification du calendrier, a-t-il insisté, devra reposer sur une évaluation réaliste de la logistique et de la situation sécuritaire.

La France, de son côté, a reconnu que le Conseil électoral provisoire avait annoncé, le 5 octobre, le report de plusieurs étapes du calendrier électoral, laissant présager un éventuel report de la date des élections faute de conditions de stabilité suffisantes pour la bonne tenue du scrutin.

La FRG à court de moyens face aux gangs

Jack Christofides a indiqué que les effectifs internationaux déployés, issus de six pays, avaient dépassé les 2 000 hommes au cours du week-end. Mais les opérations contre les groupes armés restent entravées par une grave pénurie de moyens logistiques et d’équipements : transport, systèmes de communication, véhicules, renseignement et surveillance font défaut.

Le nombre d’affrontements avec les gangs est passé, en un mois, de deux à quinze, a-t-il précisé. Il a également déploré que 18 des 26 suspects récemment interpellés aient été remis en liberté en raison de dysfonctionnements du système judiciaire local.

Daniela Kroslak, cheffe du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti, a précisé que les effectifs avaient doublé depuis juillet grâce à l’arrivée d’unités en provenance du Bangladesh, du Tchad, du Guatemala et du Sri Lanka.

La France trace trois priorités

Dans sa déclaration, la France a fixé trois priorités : accélérer le déploiement de la FRG sur l’ensemble de sa zone d’intervention, élargir les interdictions de voyager et les gels d’avoirs aux personnes qui soutiennent et financent les gangs, et doter les autorités haïtiennes des moyens d’un programme de désarmement, démantèlement et réintégration, en renforçant le système judiciaire et pénitentiaire.

Paris a rappelé l’ampleur de la détresse : depuis le début de l’année, 5 700 personnes ont été tuées, 1,5 million de déplacés internes sont recensés et 5,8 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aiguë.

La délégation française a conclu que ce plan d’action ne portera ses fruits que si les autorités haïtiennes assument leur part de responsabilité, notamment en menant à son terme le processus de transition politique par l’organisation d’élections crédibles.

Sources

HaitiLibre : https://www.haitilibre.com/article-48704-haiti-politique-le-binuh-et-la-frg-font-rapport-de-la-situation-en-haiti-au-conseil-de-securite.html

Rezo Nodwes : https://rezonodwes.com/2026/10/haiti-declaration-de-la-france-au-conseil-de-securite-paris-reconnait-le-risque-dun-report-des-elections-et-appelle-les-autorites-haitiennes-a-assumer-leurs-responsabilites/

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